法语视频:奥巴马美国历史首位黑人总统
Ensuite, c'est le sort des femmes d'hommes publics que d'être surtout perçues comme la moitié composant le portrait officiel de leur auguste époux. Barack Obama a mené une vie itinérante, entre Hawaï et l'Indonésie, peuplée d'abandons, celui de son père, celui aussi, partiel, de sa mère. Il a acquis une fluidité, physique et intellectuelle, qui participe de son charme. Mais, les propos consensuels d'une campagne présidentielle aidant, il en devient parfois insaisissable. Elle, Michelle, est tout le contraire. Elle est née dans une famille unie et modeste, noire américaine descendante d'esclaves, habitant un trois-pièces dans le South Side, les quartiers défavorisés de Chicago. Son père, Frazer Robinson, employé à la mairie, a travaillé toute sa vie, malgré une sclérose en plaques. Sa mère, Marian, est restée au foyer, pour élever ses deux enfants. Le fils aîné entrera à l'université grâce à ses dons pour le basket. Michelle, qui n'était pas une élève si brillante, suivra, à force de volonté. Princeton, Harvard, puis un cabinet d'avocats d'affaires de Chicago. C'est là qu'elle fait la rencontre d'un jeune stagiaire nommé Barack Obama. Elle le mettra à l'épreuve avant, finalement, de céder à ses avances.
Avec son franc-parler habituel et une causticité qui lui ont joué des tours, elle a avoué que l'homme le plus puissant du monde «ronfle» et a «mauvaise haleine au réveil. Je n'ai pas ma langue dans ma poche ; je taquine mon mari. Il est tout à fait capable de gérer une femme forte». Mais, rouée, d'ajouter : «C'est l'une des raisons pour lesquelles il est capable d'être président.»
Lui l'appelle son «rocher», pour souligner que sa femme l'a ancré dans la réalité américaine, et d'abord celle de la minorité noire. «L'immersion dans une institution blanche éloigne-t-elle les Noirs de leur communauté ?» s'est interrogée Michelle dans sa thèse de sociologie à Princeton. «La structure sociale et culturelle blanche» risque de laisser les Noirs, même éduqués, à la «périphérie de la société», écrivait-elle à l'époque. Une conviction qui lui fera commettre un faux pas, le jour où, sentant la victoire se dessiner, elle déclara : «Pour la première fois de ma vie d'adulte, je suis réellement fière de mon pays.»
Michelle Obama, qui déteste perdre, avait pris le temps de la réflexion et posé ses conditions à l'engagement de son époux dans l'aventure présidentielle. Une fois encore, elle lui fit jurer de ne pas négliger sa famille. Elle a soupesé les risques, jusqu'à l'éventualité d'un assassinat de son mari. Mais, faisant preuve d'une vraie force de conviction et d'un réel talent oratoire, elle a expliqué dans un de ses discours : «La raison pour laquelle j'ai dit oui, c'est que je suis fatiguée d'avoir peur. Je suis fatiguée de vivre dans un pays où toutes les décisions prises ces dix dernières années sont motivées par la peur. Peur de ceux qui ont l'air différents. Peur de ceux qui pensent et croient autrement. Peur les uns des autres. Je ne veux pas que mes filles grandissent dans un pays et un monde qui a peur.»
La «Jackie Kennedy noire», comme l'ont déjà surnommée certains magazines américains, avec ses colliers de fausses perles, ses sages tenues monochromes et sa fière allure du haut de son mètre quatre-vingts, disait naguère : «Je suis une singularité statistique. Une fille noire, élevée dans le South Side de Chicago. Je ne suis absolument pas censée être là.» Depuis mercredi, la singularité statistique est devenue une exception.
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